mardi 24 février 2026

A PROPOS DU RETOUR DU JUDEO CHRISTIANISME SELON ERIC ZEMOUR

J’ai pour Eric Zémour une grande admiration. J’apprécie l’étendue de sa culture, sa passion et son élan.

Je pense essentielle la manière dont il aborde l’Histoire, son retour aux sources et sa lucidité.

Et pourtant, j’éprouve par rapport à son dernier ouvrage, à propos du réveil du judéochristianisme, quelques réticences que je souhaite préciser ici.

L’église catholique, en France, fut de tout temps le socle de la monarchie. Alors qu’en Grande Bretagne et en Allemagne, elle se disloquait au profit de la Réforme, en France elle demeurait inébranlable.

Une de ses caractéristiques était par ailleurs la relation qu’elle entretenait avec le judaïsme. Le juif était exclu de la société. Il était ghettoïsé. Il y avait une histoire de l’Eglise depuis Saint Paul mais les origines du judaïsme, avant le Christ, elle les niait absolument.

C’est pourquoi, une des grandes réformes de la Révolution, fut l’intégration des juifs dans la Nation. Ils étaient enfin libres et égaux (un livre de Robert Badinter).

Ceci était en relation avec la nouvelle définition des Droits de l’Homme telle qu’elle était inspirée de Rousseau et du Contrat social.

La notion de majorité domine désormais le droit français. L’espace métaphysique et sacré lié à l’église catholique s’effondre comme les autres discriminations.

C’est la notion de l’Egal qui triomphe.

C’est la raison pour laquelle, il s’agit moins de réveiller l’Eglise catholique et le christianisme que de s’élever au-dessus des différentes catégories du sacré pour poser comme fondement pour la France et pour l’Europe un judéochristianisme renouvelé et comprenant enfin les juifs, les catholiques et les protestants.

Paradoxalement, le christianisme est bien présent à travers l’idéologie révolutionnaire.

Les Droits de l’Homme sont une notion chrétienne.

Ce qu’il s’agit de réintroduire à l’intérieur de notre univers, ce n’est pas le judéochristianisme tel qu’inspiré par Rousseau, mais le protesto judaïsme, c’est-à-dire la spiritualité dont nous a privé l’église catholique et que nous ont distribué les juifs et les protestants.

Récemment un incendie a endommagé l’église Notre Dame de Paris. Le monde entier s’est rassemblé pour relever le sublime édifice.

J’ai ressenti quant à moi que ce n’était plus exactement là que se passaient les choses.

Bien au-delà de Notre-Dame de Paris, il y avait désormais, me semblait-il, un symbole plus universel, le mur de David et des Lamentations, à Jérusalem.

Au-delà de la chrétienté, Jérusalem était ressuscitée, par-delà Auschwitz et la Shoah. Telle était, me semblait-il, l’authentique résurrection.


Edouard Valdman

 

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