mardi 3 novembre 2020

Qu’est-ce que la liberté ?

Le blasphème doit-il vraiment être reconnu comme un droit ?

L’esprit de dérision à l’égard des croyances est-il vraiment le meilleur rempart contre le fanatisme et le terrorisme ? On peut en douter, à la lumière des événements récents.

J’avais écrit au moment où les caricatures du prophète Mahomet avaient été publiées par Charlie Hebdo un article à ce propos, qui a paru dans la Revue littéraire du Barreau de Paris.

J’énonçais qu’à mon sens il fallait respecter toute autre croyance. Nous n’apprécierions pas, sans doute, même si nous sommes indifférents, que soient moqués les symboles de notre civilisation, que ce soit le visage du Christ, celui de Moïse ou simplement celui de l’un de nos héros.

La démarche qui consiste à caricaturer le visage du prophète Mahomet n’est pas louable. Le blasphème ne peut constituer un droit. Il existe au contraire un devoir de respect envers toutes les croyances, ce qui ne doit pas empêcher de les critiquer dans leur fondement, d’une manière historique et scientifique.

Récemment, deux jeunes femmes, les femen, se sont introduites dans l’Eglise Notre-Dame à Paris, les seins nus. Aucune condamnation n’est intervenue.

La pente qui conduit de la caricature au mépris de l’autre est dangereuse. La désacralisation de la société a conduit au siècle précédent aux extrêmes les plus terrifiants.

 

Les Etats-Unis, mieux armés spirituellement

On a tort de mettre sur le même plan les attentats qui viennent d’advenir en France et ceux qui se sont déroulés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001.

Certes ils se ressemblent dans leur violence et leur mépris de la vie humaine. Le châtiment qu’ils prétendent infliger est à l’évidence sans commune mesure avec les faits qu’ils invoquent.

Cependant les pays où ils ont eu lieu sont différents : d’une part les Etats-Unis qui sont un pays religieux, protestant « In God we trust » « God bless America », d’autre part, la France une république laïque.

Cette nuance est d’un grand intérêt. Face à la menace islamiste, celle d’un système religieux poussé à ses extrêmes, les Etats-Unis sont en mesure d’opposer une autre foi, une autre religiosité.

La France n’en n’a pas les moyens. La République, la laïcité, les Droits de l’Homme issus eux-mêmes de la Révolution française ne sont pas à la mesure du défi.

Ils n’ont pu jadis empêcher ni l’affaire Dreyfus, ni Vichy. Ils ne pourront faire face au nouvel extrémisme. La laïcité est un concept négatif. Elle est un déni. Elle ne prend pas en compte l’homme dans son identité pleine et entière. Elle constitue un déficit symbolique.

Seule une « laïcité plurielle » peut faire face à l'intégrisme religieux, qui au-delà du « Parricide », commis par la Révolution, devrait permettre aux différentes spiritualités qui gisent au plus profond de l’âme de la France, de renaitre : le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme.

Le choix du gouvernement actuel va à l’encontre de tout cela. Il s’efforce d’éroder la spiritualité au profit de très dangereux erzatz qui conduisent à une indifférenciation et renforcent encore le déni, tels le mariage pour tous, le mépris de la famille, etc…

Seuls des symboles sacrés sont aujourd’hui nécessaires à côté des Lumières : notre foi millénaire, nos traditions.

C’est pourquoi le terrorisme qui nous frappe n’est que le visage inversé de la perte de nos valeurs. On pourra certes défiler, mais on ne résoudra rien. La seule opposition réelle à celui-ci est la reconquête de notre identité pleine et entière.

Un ancien premier ministre a récemment prononcé cette phrase « En France, il ne peut y avoir de spiritualité ». Il voulait dire sans doute, qu’il n’y avait place que pour la laïcité.

C’est cela la vraie Terreur. Et la réponse vient de lui être apportée, nette, claire, incontournable.

 

Une Europe spirituelle

Les problèmes ne pourront se résoudre que dans le cadre de l’Europe. L’Italie, l’Espagne et la Grèce sont des pays catholiques. L’Angleterre et l’Allemagne sont des pays protestants. Leur religiosité les rend davantage capables de résistance.

C’est l’Europe et sa spiritualité qui est la juste réponse à la barbarie. Non pas la France des seuls Droits de l’homme et des Lumières, mais l’Europe des cathédrales, celle de la Renaissance et celle de l’Habeas Corpus anglais, celle de l’authentique Liberté.

Il ne s’agit pas de passer outre aux Lumières, mais de les situer aux côtés des spiritualités qui reposent au plus profond de l’âme de l’Europe.

 

Un vide spirituel

Qui ne verra par ailleurs que les terroristes sont issus de nos banlieues, que la France a été incapable de les assimiler. La République, les Droits de l’Homme, la laïcité, ont été impuissants à les intégrer.

La jeunesse a besoin d’idéal. Hier ce fut la Résistance, puis les grandes utopies révolutionnaires. Aujourd’hui il n’y a rien.

Ce qui est le plus proche du terrorisme, c’est notre petite idéologie, nos petits conforts, nos petits avantages sociaux, notre médiocrité.

Bernanos disait que le plus grand danger n’était ni la haine, ni la violence, c’était la médiocrité. Aujourd’hui nous savons ce dont il parlait.

Les attentats tels ceux du 11 septembre aux Etats-Unis ou ceux contre Charlie Hebdo en France sont un signe. Ils mettent le doigt sur notre vide spirituel, le « grand vide » dont parlait il y a peu Norman Mailer.

 

Le terrorisme arabe

Le terrorisme arabe possède ses sources, ses raisons, ses explications.

L’histoire du monde arabe qui a été celle d’une grande civilisation s’est arrêtée soudain au XVIème siècle. Alors que l’Europe rencontrait l’Humanisme, la Réforme Protestante, la Science et le Progrès, celui-ci est demeuré figé dans son passé. Il n’a jamais connu la séparation de l’église et de l’état. Le statut de la femme n’a pas évolué. Progressivement il s’est enfermé dans la stagnation.

En 1918, l’Empire Ottoman s’effondre. Les « alliés » se jettent sur le Moyen Orient et le dépècent. Les arabes depuis ce jour vivent dans la nostalgie de la reconquête de leur unité.

En 1944, à son retour de Yalta, Roosevelt signe un traité avec le roi d’Arabie Saoudite à propos des immenses réserves de pétrole que contient son royaume.

D’un côté il les cède aux américains, et de l’autre ceux-ci s’engagent à protéger son système politique barbare. Les intérêts économiques ont primé.

C’est de ce contexte historique que sont issus Ben Laden et autres terroristes.

Que reste-t-il à ces peuples surexploités, sinon le désespoir et une idéologie extrême qui seule leur apparait comme la voie du salut.

Des mouvements récents comme ceux qui se sont déroulés en Egypte, en Lybie ou en Algérie doivent trouver une issue positive et permettre à ces pays d’entrer dans le monde moderne.

Ces révolutions toutefois ne peuvent advenir qu’à travers un changement radical dans leur mentalité, une révolution intérieure, l’intégration d’une nouvelle forme de tolérance, le changement du statut de la femme. C’est la condition indispensable à tout renouveau.

La sacralisation du Livre « le Coran » ne peut demeurer un dogme. Celui-ci doit être enfin questionné.

 

Qu’est-ce que la liberté ?

Est-elle seulement le culte d’une statue qui se trouve à New York à l’entrée de sa rade, qui a été créé par un sculpteur français, Bartoldi, et qui n’a empêché ni le trafic des esclaves, ni l’éradication de la race indienne ?

Est-elle celui d’une Révolution qui a détruit une classe sociale dans son entier, qui est à la source du premier génocide des temps modernes, le génocide vendéen, et a prétendu apporter au monde un nouveau rapport à l’esprit ?

Ces différentes relations à la liberté ont toutes été scellées par le sang de millions de victimes.

La liberté ne serait-elle pas une dimension proprement différente qui ferait appel en l’Homme à ce qu’il possède en lui de plus profond et de meilleur ?

Quand les juifs ont inventé la notion du « Saint », ils ont tenté d’affirmer qu’au centre de l’être se trouve un espace vide, celui de la Question de Dieu.

Rien ne pouvait le combler, aucune idéologie, aucune croyance.

Cet espace devait être laissé vacant. Il constituait par ailleurs le fondement de la relation à l’autre.

C’est parce que l’autre contient cette dimension sainte que je suis contraint de le respecter. Si bien que dans cette perspective, la liberté n’est plus à rechercher du côté de quelque idéologie que ce soit, mais bien plutôt à l’intérieur de nous-même dans une quête d’absolu.

C’est pourquoi il ne s’agit pas d’énoncer un droit au blasphème, mais bien plutôt un respect de toute autre croyance et de toute spiritualité.

En fait, l’idéologie française qui se targue d’une liberté qui lui permettrait d’ironiser et de moquer la croyance des autres constitue une forme dévoyée du nécessaire respect des autres.

On aura compris que la France doit revenir à ses sources religieuses, à celles de sa foi.

C’est à cette seule condition qu’elle pourra faire face à l’agression dont elle est victime aujourd’hui.

Les « caricatures » constituent le prétexte évident à un terrorisme qui cherche à justifier sa barbarie.

Il n’en reste pas moins qu’elle fait courir à notre société un risque considérable.

On ne peut pas dialoguer avec des terroristes, mais on peut par contre éviter leur folie. Persister et signer sous prétexte de liberté de pensée et d’écrire, est d’une extrême maladresse.

Elle n’est pas la voie que nous devons suivre. Seul le respect de l’autre peut fonder notre liberté.

 

On peut par ailleurs déplorer l’attitude de journalistes, de pseudos écrivains et d’éditeurs qui tentent de faire de l’argent avec le blasphème. Le scandale permet à quelques-uns de se faire connaitre, mais il risque d’entrainer la mort d’innocents qui se trouvent par hasard sur leur chemin.

On devrait aujourd’hui pouvoir attraire en justice ces provocateurs.

Il est évident que pour eux la liberté ne veut rien dire. Elle est avant tout le mépris de l’autre et de sa foi. 



Edouard Valdman, écrivain, auteur de La laïcité ça suffit ! Éd. Fons, Paris 2020

Pourquoi Donald Trump devrait être sans doute réélu ?

D’abord l’économie américaine se porte bien. Telle est la première raison d’une probable réélection. C’est le dollar qui guide les américains. Ce ne sont ni des idéalistes ni des mystiques, ce sont des protestants pragmatiques.

Trump de ce côté-là, les comble. Il est avant tout un manager, un homme d’affaires. Il restitue les Etats-Unis aussi prospères qu’il les a trouvés, et ce, malgré la Covid.


Par ailleurs, Donald Trump comble leur imagination. Leur mythologie se compose d’un mélange de Mad Max, de Rambo, de héros qui sont avant tout des vainqueurs. Donald Trump correspond à ce mythe, et son attitude, à l’occasion de son affrontement avec la pandémie, a encore accru l’admiration que l’on pouvait lui porter. Il est celui qui a vaincu l’épidémie.


Contaminé quelques jours, il a terrassé la Covid après l’avoir pris à bras le corps. Comment ne pourrait-on pas réélire un homme qui a vaincu le dragon ?


Il a par ailleurs fait sortir de sa boite le leader nord-coréen. Il n’a certes pas résolu le problème, mais il a eu le courage de l’affronter.


On peut certes regretter sa manière brutale de prendre à parti ses adversaires. Mais sa puissance, son courage entrainent l’admiration. On se sent sécurisé.


Enfin, comment oublier que Donald Trump a résolu un des problèmes les plus complexes de la politique occidentale de ces 50 dernières années : le problème palestinien.


Il a crevé un abcès qui risquait d’infecter le corps dans son entier.


Qu’il n’y aie jamais eu d’état palestinien, que ce fantasme se soit créé en miroir à l’état d’Israël, tout le monde le savait, mais personne n’osait le dire. Les palestiniens ont désormais le choix entre disparaitre ou rejoindre cet état.


Cette diplomatie gêne l’Europe qui alimente les palestiniens depuis toujours et maintient ce cancer comme une plaie ouverte.


Désormais ce problème est clos. Les Emirats d’ailleurs ont conclu des accords avec Israël.


Si bien qu’en quatre années, Donald Trump aura apporté une solution au problème palestinien, aura rejoint les mythes qui emplissent l’esprit américain, et permis à l’économie de prospérer malgré la situation sanitaire.


C’est pourquoi Donald Trump sera sans doute réélu.

dimanche 7 juin 2020

RÉPONSE À AMADOU LAMINE SALL

Dans une tribune datée du 5 juin 2020, Amadou Lamine Sall, poète sénégalais condamne sans appel  les USA à la suite de la mort de Georges Floyd « Ce pays n'est pas un pays, c'est la mort. L'Amérique est un malheur, c'est la dictature des riches et des blancs. L'Amérique c'est la quête de la puissance. Obama était un leurre. La Maison Blanche reste blanche.».
 
Il faut d'abord lui rappeler que les Etats-Unis n'ont inventé ni le racisme, ni l’esclavage. Aristote lui-même trouvait ce dernier naturel. Il était dans l’ordre des choses. Athènes le pratiquait, comme Rome et Byzance. Les juifs eux-mêmes envisageaient le rachat de sa liberté par l'esclave, tous les 7 ans.
 
Les arabes s'en sont fait une spécialité. Les razzias sont bien connues. Quant aux africains ce sont eux qui ont vendu leurs frères, sans que les européens aient eu besoin de beaucoup insister.
 
Les Etats Unis ont lutté depuis l'origine contre le racisme et l'esclavage. Ce fut d'abord la guerre de sécession, puis le combat pour les droits civiques, enfin l’élection d’Obama. Quel peuple a fait autant d'efforts pour créer une authentique démocratie ?
 
Le racisme n'est pas une spécialité américaine. Il est un mal universel. Il a trouvé son expression la plus tragique à l'occasion de la Shoah.
 
C'est pourquoi la condamnation des Etats-Unis par Amadou Lamine Sall est excessive et injuste.
 
Les Etats-Unis à l'occasion du dernier conflit mondial ont accueilli des millions de réfugiés et ils ont sauvé la civilisation. Ils ont ensuite vaincu l'hydre communiste, et ils sont sur le point de livrer un nouveau combat contre la menace chinoise, nouveau totalitarisme.
 
Cette menace nous concerne tous. C'est à nouveau le combat de la démocratie et de la liberté contre la barbarie.
 
Les Etats-Unis ont une constitution basée sur l’habeas corpus anglais et la présomption d’innocence.
 
Ceux-ci eux-mêmes sont issus de la Loi née sur le mont Sinaï et sur l'existence de Dieu. Elle est une des articulations de notre civilisation.
 
Les droits de l'homme de 1791 édictés par la Révolution française sont postérieurs à cette première législation.
 
C'est pourquoi le combat des Etats-Unis d'Amérique est notre combat ? Nous en sommes absolument solidaires.
 
La mort de Georges Floyd doit faire l'objet d'une enquête judiciaire. Si les causes criminelles sont confirmées, elles doivent être sanctionnées. Cela ne donne aucun droit à des masses informes et à d’autres davantage structurées, de mettre à sac, de piller, comme de véritables barbares.
 
Que ce soit en France ou aux Etats-Unis les institutions démocratiques sont suffisamment puissantes pour que l'on n'ait pas besoin de s’en prendre à des innocents, qui n'ont rien à voir avec ces forfaits.
 
Ces manifestations intempestives obtiennent des résultats contraires à celui recherché. Elles sont créatrices de racisme.
 
Contrairement à ce que dit Amadou Lamine Sall, les USA sont un grand pays démocratique. La violence y vient de ce que beaucoup veulent y vivre et y travailler. C'est le rêve américain. Il a donné lieu à des réussites exceptionnelles. C'est grâce à lui, comme le reconnaît Lamine Sall que nous sommes allés dans la lune.
 
Il ne faut pas se tromper de camp. La démocratie doit être défendue par une justice inflexible.
 
Cependant il ne faut pas confondre un crime isolé, exploité par des politiciens irresponsables, avec la justice qui doit être rendue de manière légitime, et avec la plus grande circonspection.
 
Amadou Lamine Sall devrait se souvenir de Senghor, qu'il évoque très souvent « France, je te pardonne ! ».
 
Edouard VALDMAN
Ancien Secrétaire de la Conférence du Stage
Du Barreau de Paris
Ancien élève de l'Institut Politique de Paris
Poète et Écrivain
Dernier livre paru « Demain L'Occident"

mardi 12 mai 2020

ESCAMOTER LA MORT

Une civilisation se lit d’abord dans sa relation au sacré et à la mort.

Aucune, mieux que la civilisation égyptienne, n’a eu avec celle-ci une relation davantage privilégiée. Tout le monde connaît les temples de la Vallée des Rois qui sont comme autant de tombeaux le long du Nil.

Aucune, mieux que celle-ci n’a su parler du passage sur l’autre rive, et sans doute, mieux que cette civilisation, n’a su évoquer le Dieu unique !

Prince et peuple n’avaient qu’une obsession : l’immortalité.

C’est parce qu’il y avait cet accord entre le Prince et ses sujets, dans leur regard sur l’au-delà, que ces splendeurs ont pu être érigées comme le seront plus tard les cathédrales en Occident. C’est parce qu’il y avait avant tout une foi.

S’il est une civilisation qui a perdu ses repères par rapport à la mort, c’est bien la nôtre. Il s’agit avant tout de l’escamoter. On en a honte. On enterre à la va-vite, et l’on fait de cet acte un commerce qui peut devenir fructueux.

Le regard de l’homme contemporain sur la mort est d’une extrême pauvreté. Il ne la craint même plus. Elle n’est plus rien, comme sa vie, sinon un gadget parmi d’autres.

Cela est si vrai que la législation pénale en France l'a supprimée.

Abolir la peine de mort est un acte de rupture d’avec le Sacré. C'est ce qu'avaient très bien vu Albert Camus et Arthur Koestler dans un livre qui a fait date " Réflexions sur la peine
capitale ".

" Comment, disaient-ils, pourrait-on prononcer une condamnation à mort dans une société laïque ? ".

Aujourd'hui, il n’y a plus de mort mais il n’y a plus de vie.

L’adoucissement apparent des mœurs devrait logiquement améliorer la condition pénitentiaire. Celle-ci ne fait qu’empirer. La mort que la loi ne distribue plus, ce sont les détenus eux-mêmes qui s’en gratifient.

Désormais, il n’est plus besoin de bourreaux. Cent suicides dans les prisons françaises depuis le début de l’année ! La guillotine n’a jamais fait mieux et ce n’est pas en replaçant la qualité des draps des détenus qu’on règlera la question.  

Ce n’est pas seulement dans les prisons que l’on se donne la mort, mais dans les entreprises.

En vérité, si tant de personnes se suicident, c’est que l’on a enlevé à la vie ce qui faisait sa valeur, sa sacralité.

Qu’est-ce à dire ?

Chaque intensité dans l’existence, chaque instant de bonheur, chaque création n’existe authentiquement que parce qu’il est arraché à la mort ou gagné sur elle.

Si une œuvre d'art est créée, c’est parce que l’artiste a un sens très aigu de la mort. Celui-ci fonde son exigence. Le désir n’est intense que parce qu’il est talonné par celle-ci.

Sartre écrivait à Camus : " Vous unissez le sentiment de la grandeur au goût passionné de la beauté, la joie de vivre au sens de la mort ".

L’œuvre de Camus n’est grande que parce qu’elle est imprégnée du sens de la mort, acquise sur les plages d’Algérie, au contact d’une beauté très intense, à Tipasa, qui fonde l’exigence de vivre et de mourir à cette hauteur.

La beauté à Athènes fondait l’héroïsme.

L'uniformisation aujourd’hui engendre le désir de se laisser mourir.

Telle est notre société. Ce n’est plus le sens de la beauté qui l'habite, celui de l’infini et du sacré, mais bien plutôt la retraite, les acquis sociaux. La masse est aux commandes, manipulée par de très dangereux magiciens.

Ce que ceux-ci ne discernent peut-être pas, c’est que cette masse qu’ils méprisent a besoin de symboles. Elle a besoin de croire et de respecter. Elle a besoin de rêve.

Le Prince ne représente sans doute pas seulement la soumission et la pesanteur, et encore moins l’oppression. Il est la symbolique, à l’intérieur même de l’homme de la séparation ontologique, de la césure.

L’autorité et la nécessité de la Loi sont d’abord à l’intérieur de nous-mêmes.

Si l’on retire à la masse la dimension symbolique, elle se retourne immanquablement contre ses séducteurs.

Ce mal gagne aujourd’hui l’ensemble de l’Occident et d’abord les États-Unis, qui ont conservé avec cette dimension une relation privilégiée. Ils sont eux-mêmes investis par le virtuel et l’abstrait.

 

Nul mieux que le virus Covid-19 n’a su montrer la fragilité de notre civilisation devant la mort. Nous avons conquis l’espace, fait le tour de la terre, créé des moyens de destruction inégalés, en un mot accompli le projet Faustien et voilà qu’un virus nous arrête dans notre expansion, nous laisse désorientés devant le seul évènement que nous avons soigneusement éloigné de notre esprit.


La mort est un mystère. L’homme à partir du moment où il s’est séparé de son animalité a voulu mettre celui-ci en évidence.


Les plus belles liturgies ont souhaité accompagner la mort.


Les civilisations les plus primitives ont marqué leur originalité par des rituels.


Tous les hommes ont montré devant ce passage une vulnérabilité, un questionnement. Ils ont voulu témoigner de leur foi.


La seule civilisation qui aie méprisé la mort, et tenté de la passer sous silence, c’est la nôtre. Sa maitrise des sciences, la toute-puissance de la raison l’a fait regarder le mystère comme une faiblesse.


La laïcité est elle-même un principe qui nie toutes les professions de foi. Chacun peut célébrer le culte de son choix comme il le désire, à condition qu’il n’en parle pas. Dieu est oublié.


La vérité c’est que pour honorer la mort, il faut d’abord respecter la vie. Pour la célébrer il convient qu’elle déploie des valeurs qui en donnent le gout, la beauté, l’héroïsme, la grandeur aussi bien que la sainteté.


Au-delà des différentes péripéties liées au déploiement du virus, celui-ci représente le signe de notre déficit spirituel.


Quand disparaîtra-t-il ? Quand nous aurons intégré à nouveau les valeurs de notre civilisation et rejeté définitivement les illusions nées des Lumières.


L’Europe elle-même ne se constituera véritablement que lorsqu'elle aura le courage d’assumer ses origines chrétiennes.


La Chine dans la main de laquelle nous nous trouvons aujourd'hui est notre créature. C’est nous qui l’avons inventée à coup d’opium et de boulets de canon, à coup d’idéologie importée depuis Rousseau jusqu'à Marx. Donald Trump aura eu l’immense mérite de nous le dévoiler. Il faut qu’elle retourne à ses sources immémoriales.


La Chine doit renouer le fil du sacré.



Edouard VALDMAN
Ancien élève de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris
Ancien Secrétaire de la Conférence de Stage au Barreau de Paris
Ecrivain
Dernier livre paru « Demain, l’Occident ! »


samedi 2 mai 2020

A PROPOS D’UN VIRUS, RENOUER LE FIL DU SACRE


C’est sans doute la première et la dernière fois que nous verrons Paris si désespérément vide, comme si la ville s’était vidée de son sang !

Demain, tout redeviendra comme avant. Aujourd’hui c’est le désert.

Avec lui vient le silence. Le vacarme qui accompagne la ville habituellement et constitue un fond sonore n’a plus lieu d’être. Les hommes ont disparu.

Ils avaient perdu le sens de la solitude. Tout à coup la voilà qui revient et avec elle l’angoisse de la mort.

Le divertissement n’avait qu’un seul but, dissimuler ce scandale, le seul évènement capital que nous ne puissions éluder.

Soudain nous sommes face à lui. Il nous le  faut regarder en face.

Etrangement depuis le début de l’épidémie, pas un mot n’a été prononcé à propos de Dieu. On dirait qu’il a été expulsé de l’histoire des hommes. Certes des églises ont montré discrètement leur nez mais elles ont accepté cependant que l’on repousse la date de leurs offices, à l’après virus.

C’est peut-être ici l’élément le plus important, celui de la nécessaire reprise en compte de la dimension sainte dans un monde dont Dieu a été banni.

On ne peut plus parler à l’autre, qu’à une certaine distance. On le déplore. Pourtant cet espace, c’est celui de la distanciation, l’espace de la transcendance.

La démocratie montre ses défaillances. Elle vit sans aucun doute aujourd’hui ses derniers beaux jours. C’est le Père qui doit être remis à sa juste place. Le virus nous contraint à retrouver des attitudes primordiales.

Serions-nous sur le point de fonder de nouvelles aristocraties ?

Deux grands évènements se sont produits au XX° siècle, au cœur même de notre Histoire, la Résurrection d’Israël et la Repentance de l’Eglise catholique. Enfin un front commun contre l’idolâtrie, celle de la technique et celle de la marchandise !

A peine ce dernier est-il formé que le monde sous l’influence du marché, se précipite vers une nouvelle prophétie dévoyée, la mondialisation. Ce n’est pas la reconstruction du troisième Temple, c’est la Gay Pride qui se déploie au centre de la Ville Sainte.

Le vrai danger, c’est la fin du Livre.

Jusqu’à ce jour il a été notre emblème et l’écrivain le représentant de l’élite. Chaque auteur avait référence à la Bible, au Coran ou à l’Evangile. Le livre ne se suffisait pas à lui-même mais avait lien à une culture, en relation elle-même avec le Sacré.

C’est à l’intérieur de cette mémoire que les auteurs se sont situés. Le livre semble s’en être abstrait, pour vivre sa vie propre. Il se vend au poids sur tous les marchés du monde. Nous assistons à une évolution très périlleuse. Il s’agit d’un grand péril pour la Civilisation.

Si l’auteur ne croit pas qu’il fait appel à des forces transcendantes, il n’y a pas de Livre.

Dans toute démarche artistique il y a appel vers l’autre, vers le miracle de la rencontre. Ecrire, c’est déjà fonder un au-delà de l’homme.

Actuellement, tout ce qui appelle vers cette transcendance gène. Cela risque de troubler les lois du marché.

Si l’on veut sauvegarder la civilisation, il faut permettre au Livre de reprendre sa place traditionnelle dans notre culture. Pour cela il faut revenir à nos sources spirituelles.

Ce qui nous menace, c’est la profusion de la marchandise qui a la prétention d’intégrer les œuvres d’art.

Le problème climatique lui-même n’est que le reflet d’un mal plus profond. Il révèle la crise de la pensée occidentale qui a rompu avec le Sacré et tenté de faire de l’Homme le maître de la création.

On pourrait dire que la nature se venge. Celle-ci en effet doit être respectée. Ce respect n’existe que dans une relation à une plus haute spiritualité.

A partir du moment où la nature est considérée comme un objet de pure exploitation et de rendement, à l’intérieur d’une pensée matérialiste, elle peut disparaître.

Si l’homme veut à nouveau ré-enchanter la terre, il doit remettre l’esprit à sa vraie place. Ce ne sont ni l’économie, ni l’écologie qui fondent l’homme. Ce ne sont pas ses seules relations sociales. Ce qui le fonde, c’est l’esprit.


Quand le virus disparaitra-t-il ? Quand nous aurons intégré à nouveau les valeurs spirituelles de notre civilisation et rejeté définitivement  les illusions nées des Lumières.

L’Europe elle-même ne se constituera véritablement que lorsqu’elle aura le courage d’assumer ses origines chrétiennes.

La Chine dans la main de laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est notre créature. C’est nous qui l’avons inventée à coup d’opium et de boulets de canon, à coup d’idéologie importée depuis Rousseau jusqu’à Marx. Donald Trump aura eu l’immense mérite de nous le dévoiler. Il faut qu’elle revienne à ses sources immémoriales.

La Chine renoue le fil du sacré.

Edouard Valdman
Dernier livre paru : Demain, l’Occident !

jeudi 9 avril 2020

BILL GATES et le virus

Bill Gates, multi milliardaire bien connu a donné 85 millions de livres sterling le mois dernier pour combattre le virus.

Il pense qu’il y a un « but spirituel derrière tout ce qui arrive ».

Il nous rappelle que le virus peut être une fin, un moment de réflexion ou bien le début d’un cycle qui se poursuivra jusqu’à ce que nous apprenions enfin la leçon à laquelle nous sommes destinés.

Beaucoup voient le virus comme une grande catastrophe. Il préfère le voir comme un grand correcteur.

Il faut rappeler à Bill Gates que son invention « géniale » de Microsoft Google est sans doute l’atteinte la plus grave qui ait été portée par l’intelligence humaine à sa dimension spirituelle. Google n’a pas relié les hommes entre eux comme il semble le prétendre. Il les a éloignés et a fait des rapports humains une pure abstraction.

Si le Corona possède une fonction, c’est celle de remettre les choses à leur juste place. Bill Gates est un des grands initiateurs de la société matérialiste qu’il condamne.

Par ailleurs, contrairement à ce qu’il prétend, nous ne sommes pas tous égaux. Nous sommes tous différents, et c’est cette différence qui nous permet d’ailleurs aujourd’hui de porter un regard singulier sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Le rapport au Grand Autre ne peut être que solitaire et particulier. C’est ce rapport à Dieu qui établit la vraie différence entre les hommes.

Edouard Valdman

vendredi 6 décembre 2019

A PROPOS DE « J’ACCUSE » DE ROMAN POLANSKI


Je ne sais si Roman Polanski a enfreint la loi en matière de relation avec les femmes. Une affaire aux Etats-Unis a fait beaucoup de bruit. Elle est très ancienne. La victime a retiré sa plainte. Un procureur s’accroche toujours au dossier. Il a envie sans doute de se faire de la publicité. Polanski est ainsi interdit d’entrer aux Etats-Unis. Il risquerait une arrestation. La liberté américaine s’arrête où commence la publicité.

En France, le même Polanski est accusé par une autre femme pour une agression sexuelle qui aurait eu lieu il y a plus de trente ans. Si celle-ci n’a pas déposé plainte plus tôt c’est que l’affaire n’était pas mure. Le film « J’accuse » aurait ranimé sa flamme.

En tout cas, le caractère hautement problématique de ces accusations n’empêche pas de mettre le réalisateur au pilori. Des manifestations de féministes ont lieu devant différents cinémas dans le but d’empêcher la diffusion du film.

Ce qui est affligeant et très inquiétant dans tout cela, c’est que la justice est mise à mal. Aujourd’hui n’importe qui, pour des motifs la plupart du temps fallacieux, peut mettre en cause n’importe quel citoyen.

C’est ce qui s’est passé dans le domaine politique avec François Fillon. Il n’est toujours pas jugé. C’est ce qui se passe avec Polanski, autrement. On n’a pas besoin de preuves, de jugements ou de condamnations. La suspicion suffit pour comparaitre devant les instances médiatiques, désormais les véritables juges. L’Etat ne réagit pas. Davantage, il utilise les moyens de la calomnie à des fins hautement partisanes.

Que Polanski, un réalisateur de génie (« Tess », « Le pianiste ») puisse être mis en cause par des pseudo-victimes, trente ans après les faits, sans aucun commencement de preuve, montre suffisamment à quel point notre démocratie est dans un état de décomposition avancée.

Bien plus, comment ne pas faire le lien entre « J’accuse » et ces affaires, c’est-à-dire entre l’éternel proscrit, le juif, et les accusations erronées, car c’est cela dont il s’agit. En embrassant le thème de « J’accuse », c’est-à-dire de l’affaire Dreyfus, Polanski embrasse en même temps celui du racisme.

Comme le disait Maurice Barres, l’écrivain le plus célèbre de ces temps, une des grandes consciences françaises « que Dreyfus soit coupable, je le connais de sa race ! ».

Que Polanski soit considéré coupable envers ces femmes, sans preuve aucune, « nous le connaissons de sa race ». La boucle est bouclée. N’est-ce pas cela que Polanski a voulu signifier à travers ce film ?

N’oublions pas que Zola a été condamné après son « J’accuse », qu’il a été obligé de quitter la France, que Dreyfus enfin a été gracié mais jamais acquitté.

L’Etat en France ne peut pas se tromper. Quoique l’on puisse en penser, le Roi est toujours là.

En fait, ce qu’il conviendrait de faire, c’est d’envoyer ce film admirable dans toutes les écoles de France et de l’y visionner, ce film qui dit exactement ce qui se passe depuis toujours : Ponce Pilate se lave éternellement les mains dans le sang du juste.

L’important pour la foule c’est de lyncher. Il y aura toujours un juif dans notre environnement, un autre, un noir, un émigré.

Cela ne se passera jamais à cause de nous mais à cause de l’autre en nous.

Les femmes qui accusent Polanski aujourd’hui sans preuve sont un des nouveaux visages du totalitarisme des temps modernes.

Etrange masque que celui-là. La beauté aurait désormais partie à l’horreur !

Edouard VALDMAN